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February 20, 2005
Beyond the Nationel Panopticon: The experience of cyberpublics in India
Beyond the nationalist Panopticon :
The experience of cyberpublics in India
Ravi Sundaram
Fifth International Conference on Cyberspace
June 6 - 9, 1996.
Une revue Critique, par Goldenberg Anne, Doctorat conjoint en Communication, Université du Québec à Montréal
Après avoir enseigné au département de Sociologie de l’Universtié de Binghamton à New York, Ravi Sundaram travaille atuellement au Centre for the Study of Developing Societies, base à Delhi. Il est l’un des fondateurs du groupe de Recherche Sarai (www.sarai.net ), la première initiative publique d'Asie du Sud de recherche, de pratiques et d'échanges autour de la culture urbaine, les médias et la vie quotidienne. Il porte un intérêt particulier aux futurs alternatifs, aux imaginaires nationaux et transnationaux et à la globalisation.
Cet article s’interroge sur la fin du paradigme National comme structure « panoptique » de développement et de définition du social. Pour Jameson, nous serions entré dans un « millénaire inversé », qui marque la fin de nombreux imaginaires sociaux. (Postmodernisme). En s’appuyant sur cette réflexion, Ravi Sundaram propose d’analyser, dans le contexte indien, l’émergence et l’émancipation de cyberpublics hétérogènes à l’imaginaire national et leur mode de redéfinition de l’espace, du temps, du progrès et du social. L’auteur souligne par ailleurs l’originalité nécessaire de la cyberculture indienne, qui prend naissance dans une société dite « périphérique » au marché mondial. La culture indienne ne possède pas de tradition de sciences fiction, ou ni d’imaginaire cyberpunk, aussi, sur le plan historique, les représentations de la sciences et de la technologie ont été élaborées par l’Etat, et le plus souvent autour d’une rationalité sociale
I) Les stratégies d’établissement de la Nation, un « panoptisme » ?
Pour étudier les modes de définition et d’établissement de l’imaginaire national indien, Ravi Sundaram fait ici référence à une analyse de Michel Foucault, qui décrit, dans Surveiller et Punir , le Panopticon de Bentham comme une technologie sociale qui allait servir de modèle à une « société disciplinaire ».
1. Panoptique et Panoptisme
Le panoptique conçu en 1791 par Bentham définissait un dispositif architectural coercitif organisant l'espace comme instrument utilisable pour assujettir et rentabiliser les corps :
- en séparant les individus les un des autres
- en renforçant l’asymétrie voir / être vu
- en visant l’intériorisation tant physique que mentale de la surveillance omnisciente, (le biopouvoir).
Le terme de panoptisme désigne la transposition de ce dispositif coercitif comme modèle applicable à l’art de gouverner (au 18ème siècle, le pouvoir cesse d’être conçu comme une qualité, une essence mais comme une relation s’inscrivant dans un ensemble institué et rationalisé). Le but est d’assurer une économie, une rentabilisation et une extension maximale de l’exercice du pouvoir. Il s’agit de faire croître à la fois la docilité et l’utilité de tous les éléments du système. A notre avis, la référence au Panoptisme de Foucault n’est que justifiable qu’à condition de prendre en compte deux éléments :
2. La dimension progressiste du panoptisme
Une certaine lecture de Michel Foucault pourrait porter à assimiler le panoptisme à un outil purement machiavélique de subjugation des foules. Or, il nous semble important de bien souligner que le système coercitif comme le dispositif gouvernemental semble avoir été pensé, et présenté comme un procédé moderne, progressiste, rationalisé, sain. Le panoptique offrait par exemple une alternative salubre voire vertueuse aux geôles grouillantes, surpeuplées, souterraines du Moyen Age obscur. C’est la dimension sensiblement progressiste de ce discours qu’il nous semble pertinent de retenir pour l’analyse des stratégies de développement définies par la nation Indienne.
3. La critique formulée par Tony Bennett : la dimension instructrice des technologies sociales.
Tony Bennett soulève une dimension peu développée par Michel Foucault qui est le fait que 18eme siècle, en Europe corresponde à l’émergence de l’Etat-Nation et à la nécessité corrélée de constituer l’identité nationale. Dans The Exhibitionary Complex , 1988, il étudie la formulation des rationalités politiques, l’énonciation de la nouveauté et les processus d’éducations des foules qui leurs sont corrélés. Il souligne l’importance de l’appareillage éducatif qui accompagne, (voire anticipe et prédomine) le recours aux technologies disciplinaires. Une approche historique permet d’observer que le 18ème siècle fut marqué par l’ouverture de l’espace de représentation, contrariant en apparence l’image d’une organisation sociale opaque et coercitive telle que fournie par Michel Foucault. La prolifération des foires d’exhibition, des musées, des expositions, des cabinets de curiosité, semblait indiquer que l’on cherchait à donner à voir les choses, mais aussi à offrir des « miroirs », renversant la construction asymétrique qui sert de base au principe de la surveillance intériorisée ( être vu- sans voir). L’individu devient à la fois objet et sujet de connaissance. En prétendant montrer, exhiber aux yeux du peuple, les métabolismes et processus de développement de l’homme, de la société et du monde, on définissait ainsi les contours d’une « humanité », culturellement située dans le paradigme naissant et encore fragile de l’Etat Nation. La naissance du musée devient ainsi le symbole de l’Etat moderne. En engageant activement la population dans l’adhésion identitaire et la construction implicite d’un projet de société, l’institution diffuse et suscite les valeurs hégémoniques nécessaire à sa génération et perpétuation.
II) Définitions de la nation indienne.
1. L’invention d’une « nation moderne »
A l’indépendance de l’Inde, en 1947, le premier ministre Jawaharlal Nehru décide d’engager son pays sur les voies de la « modernité ». Pour le sous-continent, unifié sous et par la colonisation anglaise, il s’agit également de (re)définir l’identité nationale, dans le climat houleux de la douloureuse partition d’avec le Pakistan. La ferveur anticoloniale semble avoir conduit à la production d’une pluralité de nationalismes, avec des visions contestées de la nation. Il semble que le gouvernement indien ait tenté de constituer « l’imaginaire national » autour de la transition vers la modernité.
Ravi Sundaram compare le développement par plan de Nehru à un schéma panoptique. Les idéaux de rationalisation et de modernisme s’inscrive dans des stratégies de développement instrumentalisées par l’Etat. Il s’agit de réorganiser l’espace national, pour permettre accumulation, industrialisation. La société (dans son hétérogénéité culturelle, dans sa dimension locale) est vue comme « tabula rasa ». Le développement est défini comme la réduction des ambivalences. (C’est ce que David Harvey désigne comme une « logique de compression de l’espace temps ».) Le (toujours très controversé) « barrage » est défini par Nehru comme le « temple de la modernité » symbolisant le contrôle rationnel de la gestion nationale de l’eau.
2. Gandhi ou la figure du voyageur comme praticien de l’espace « national ».
Face aux logiques de rationalisation, de gestion et de compression de l’espace-temps, Gandhi réintroduit la figure du voyageur qui construit son savoir par un arpentement effectif des territoires, par la rencontre du particulier et de la différence. Le parcours des pèlerins arpentant les pays leurs permettaient d’intérioriser les similarités et les différences autorisant une expérience pratique du voisinage, des cultures et des territoires.
Cette dualité de perspective pourrait nous renvoyer à un texte de Michel De Certeau, dans l’invention du quotidien, « Voyeurs et Marcheurs », qui réfère à deux postures du regard sur le monde. Un regard surplombant (top), qui fait référence à la théorie et à une approche systémique et un regard en marche, (down), faisant référence à la pratique, à une observation participative. Il dénonce le fait que focaliser sur les mécanismes et institutions de répression empêche d’appréhender des pratiques sociales qui leurs sont hétérogènes. Michel De Certeau reconnaît que les stratégies technocratiques, qui visent à créer des lieux conformes à des modèles abstraits, définissent des espaces contraignants. Mais à l’intérieur de ces champs, les individus conservent une marge de manœuvre opératoire. De Certeau propose de considérer l’usage et la consommation des produits de cette stratégie comme une activité de production. Ces manières de « faire avec », de subvertir, de s’approprier, d’utiliser l’ordre contraignant restaure les espaces de résistance et de créativités propres au sujet, au local, au particulier.
S’opposant aux stratégies et aux discours d’homogénéisation du pays, Gandhi propose une connaissance praticienne de l’espace national. Il oppose au symbole du « barrage » celui du « village » comme lieu de résistance au colonialisme, chacun devant pouvoir être autosuffisant. Cette attitude n’est pas sans équivoque, puisque le voyage Gandhien commence par le chemin de fer. Gandhi le défini comme un « instrument de négociation et d’ingestion mécanique du territoire », conçu par les anglais comme réseau de communication homogénéisant permettant de dépasser la “société village” des Indes coloniales. Aussi Gandhi propose de détourner cette « structure disciplinaire coloniale » pour faire de son voyage une reformulation politique de la nation. Mais ce voyage s’est fait aussi discours, spectacle, agitation, construisant un imaginaire national, modelé par et modelant des représentations imaginées. Le voyage de l’ancien Nationalisme a laissé place à des parcours virtuels remodelant en profondeur les modes d’adhésion, de résistance et de constructions identitaires.
3. « Informatisation » du développement national
A partir de 1984, le discours du gouvernement indien ne se focalise plus sur les instruments physiques d’accumulation (charbon, énergie, fer) mais sur la constitution d’un espace virtuel où seraient résolus les problèmes de développement. Le gouvernement promeut ainsi la constitution d’un réseau qui connecterait les principales villes du pays autour de l’accumulation d’information relatives au développement et à l’administration. Le Centre National d’Informatique (NIC) déploie ainsi le réseau NIC NET diffusant aux régions, et aux Etats des bases de données sur les sciences sociales, la médecine, la législation. Le réseau bientôt supporté par une couverture satellite allait longtemps rester la principale architecture informationnelle du pays, supplantant par exemple le réseau ERNET (Educational & Research communication Network) et figurant l’unité nationale et frontalière du pays. Comme le décrit bien les analyses diffusionnistes mais sans doute réalistes de Everett Rogers (2001), le « développement » socio-éducatif de la population est très tôt mis au centre du diffusion des Technologies d’Information (télévision, radio, presse, informatique, Internet) sur le territoire indien.
Mais cette vision fantasmagorique d’un nationalisme centralisé allait peu à peu être malmenée par l’affermissement de centres périphériques et par la multiplication des réseaux de communication. Aussi l’espace national se reconfigure progressivement, en s’établissant non plus sur la définition des frontières mais autour des caractéristiques d’appartenance culturelle (ce qu’ Appadurai appelle l’ « ethnoscapes du post-nationalisme »). Le gouvernement cherche ainsi à inclure la diaspora indienne établie à l’étranger en désignant cette communauté par le terme culturellement inclusif de «Non Resident Indian » (NRI), avec l’idée de leur probable retour et contribution (financière, sociale, intellectuelle) pour le pays.
III) Une première émancipation: la nouvelle élite et la diaspora
1. Acteurs et figurant de la « révolution » informationnelle.
Le discours sur la société de l’information et les pratiques du cyberespace n’ont pu restés l’apanage du gouvernement. La libéralisation de l’économie indienne à partir de 1991 marque le début d’une montée en puissance des sphères économiques. Le Web devient un espace de communication qui déborde largement du paradigme de communication national. Pour la diaspora indienne, cet espace virtuel amenuise la tension du « Retour ». Pour une élite de plus en plus internationalisée, mais aussi pour les petites sociétés aux moindres notoriétés, les technologies d’information et notamment le Web, instituent un espace de communication et d’échange permettant au « pays » d’exister dans une nouvelle économie mondialisée. L’infrastructure technologique qui relie les grandes métropoles et leurs instituts de recherche (IIT, NIIT) constitue à la fois un réseau de savoir et une vitrine pour les entreprises figurant le développement économique de la Nation.
2. Mutations identitaires de l’espace « national ».
Les principes identitaires qui semblent émerger des ces pratiques du cyberespaces se rattachent désormais à l’appartenance à un réseau économique, de production, et de consommation. Les symboles en œuvre ne sont plus les barrages mais les outils de communication, les satellites, la vidéo, l’industrie cinématographique. On voit émerger la figure de l’entrepreneur - consommateur, qui témoigne des bienfait de la « révolution communicationnelle », celle qui a permis le succès de nouveaux héros nationaux et l’accès pour une classe moyenne en expansion à des produits de consommation de base. Ces nouvelles valeurs se combinent avec la valorisation de l’hégémonisme hindou, porté par les discours politiques à partir des années 1980. L’hindouisme se muerait ainsi en une forme d’ « artefact » identitaire utilisé comme nouveau ciment national.
3. Diffusion d’un espace homogène
Enfin, la faible connectivité du monde rural organise un voyage dans un monde sans ambivalence. L’éviction du visage défavorisé de l’Inde conforte la constitution d’un imaginaire relativement homogène, où on ne fait plus l’expérience de la diversité. Mais aux élections de mai 2004, « l’Inde qui brille » semble avoir rencontré la formulation d’un autre discours.
IV) Espaces de Discussion, Activismes, Recherches d’alternatives.
De façon plus tardive et timide qu’en occident, des espaces de discussion ont progressivement pris place sur la toile indienne. Si les premiers forums étaient tout d’abord liés à la résolution de problèmes techniques, de plus en plus émergent des discussion autour de sujets politiques et ou de la sexualité et les femmes commencent à prendre la parole.
1. Mouvements sociaux, nationalisme et technologies
On pourrait situer l’émergence des mouvements sociaux indiens à la prise d’indépendance du pays, au milieu du siècle. Ils constituaient pour la plupart du temps une manifestation de la sauvegarde des identités, des spécificités et des intérêt locaux et sociaux, souvent perçus comme des sacrifices nécessaires au progrès par une vision moderniste du développement. Ces crispations aujourd’hui encore très manifestes autour de la construction des barrages ont générés la production d’une critique sociale assez virulente à l’égard de la technologie comme solution de développement. Aussi les mouvements sociaux se sont particulièrement intéressés à la recherche de pratiques alternatives au changement social, prenant en compte les pratiques, savoirs faire et valeurs locales, favorisant les femmes, les plus démunis, les basses castes. Aussi les ordinateurs annoncés comme de nouvelles solutions de développement ont tout d’abord éveillé haussement d’épaules, incrédulités et condamnations.
Ravi Sundaram situe au début des années 90 l’émergence d’un discours social sur les technologies d’information, graduellement perçues comme un support possible à la transformation sociale.
2. Des technologies monumentales aux pratiques technologiques
Si les barrages constituent aux regards des mouvements sociaux des symboles de la violence moderniste, niant le local, déplaçant et sacrifiant des populations au bénéfice du progrès et donc du bien-être général, la violence associée aux technologies informatiques paraît moindre de part les potentialités communicationnelles qu’elles semblent autoriser.
Les activistes commencent à y voir un espace de discussion, de réflexion et d’échange sur des alternatives d’expérimentation sans sacrifice. La fin des années 90 marque ainsi pour les mouvements sociaux indiens, les débuts d’un processus d’initiation à la cyberculture. Les mouvements y voient rapidement une possibilité de dialogue avec le « self », le particulier (ce que le panoptisme nationaliste refusait). Si les activismes technologiques sont encore peu répandus (ou souvent très concentrés), le cyberespace gagne en légitimité dans le discours des activistes. Loin des très impraticables monuments technologiques du panoptisme national, ces technologies sont présentées comme des espaces de pratiques culturels, qui semblent autoriser des voies d’émancipation au modèle binaire du développement moderne.
3. De la dialectique des Lumières à l’émergence d’alternatives.
Dans son essai sur les lumières, Michel Foucault compare les politiques de « développement » modernistes qui ont été mises en place dans le Tiers Monde au chantage dialectique du rationalisme des lumières. Dans « Qu’est ce que les lumières ? », Kant décris la façon dont le siècle des Lumières a défini la modernité en imposant un choix drastique :
« Ou l’on accepte les Lumières et l’on rejoint la tradition rationnelle, ou on la refuse et l’on s’écarte des principes de la rationalité… »
Le schéma de rationalité inauguré par l’Inde a ainsi opposé les concepts de développement, de sciences et de progrès aux « attitudes » traditionnelles, réactionnaires et statiques. D’où la violence du choix imposé par la modernité et la négation du local et du particulier au service du progrès.
La naissance de ce nouveau cyberpublique (ce discours et ces pratiques investissant une partie du cyberespace indien) marque l’émergence d’un interstice de négociation entre l’état et l’économie. Les « marges » se mettent ainsi à produire et à modeler leurs propres définitions du social (prise de distance marquant la conscience du caractère « artificiel » de la société) et de la modernité en expérimentant la définition, l’imagination d’alternatives sociales, économiques, technologiques.
V) Conclusion :
Ce texte analyse des imaginaires et des sociabilités technologiques périphériques et relativement hétérogènes aux modèles occidentaux, qui semblent avoir remanier en profondeur un schéma panoptique de développement national. Cette présentation nous a semblé pertinente à l’analyse symbolique de l’émergence des Technologies d’information dans un pays du tiers monde. L’auteur nous invite à une approche située de la formation des savoirs, des représentations et des pratiques des technologies, résistant à une approche diffusionniste, des discours sur la société de l’information, et des modèles de développement qui en procèdent. En analysant l’appréhension politique, identitaire et sociale du développement technologique de l’Inde, il dégage trois formes d’émancipation des stratégies technologiques d’imposition de l’imaginaire national.
En dégageant des formes d’interprétation, de négociation, d’émancipation et de remaniements de l’imaginaire national indien, l’auteur s’interroge sur le nécessaire incomplétude des stratégies de définition nationale, sans pour autant créditer un discours post moderne sur la mort des idéologies. Il se réfère pour cela à Nietzsche expliquant que « La fin d’une illusion ne crée pas plus de vérité, mais une nouvelle parcelle d’ignorance, une extension de nos espaces vides, un accroissement de notre « désert ». »
Aussi, le cyberespace semble se présenter comme un nouvel espace pour la définition de ces imaginaires sociaux et politiques. Plaçant ce questionnement dans un contexte « tiers-mondiste », empreint d’un passé d’imposition et de domination violente, il nous invite à suivre l’émergence de contre discours et d’appropriations, que Paul Virilio conçoit comme la condition sine qua non de la constitution de Technologies de l’Information à visage et usages démocratiques.
Posted by icianita at February 20, 2005 12:01 PM
Comments
That was a fascinating reviw Anne, it really helped situate my understanding of the "national consciousness" question. It's funny, I didn't realise how rooted my own conception of nationalism was in my Canadian experience (resistance or acceptance of an already-(partially) dominant mythos).
Can I ask one question, what is this issue of "barrage"; it seems to be a significant part of this discourse, but my Indien political history is, well, practically non existant.
Posted by: nathan at February 20, 2005 02:34 PM
Dams are actually a big issue in India.
They were to represent India's control upon its energy potential...that quiclky became on of the symbol of Nerhu positivist politics in India...but most of them were / are built regardless of local economy, life, culture.
The Narmada Dam projects is actually one of the most controversial compaign that illustrate this opposition between national progress versus local cultures.
The very beautiful Arundathy Roy (:))wrote an essay, intitled The Cost of Living, in which she does a very good critic of India's massive dam and irrigation projects, as well as India's successful detonation of a nuclear bomb. I think she also took part in a movie named Dam/Age...
Posted by: anne at February 20, 2005 06:54 PM
Ahhh .. thank you.
Posted by: nathan at February 20, 2005 09:25 PM